L'histoire de Daubensand

L’histoire du village de Daubensand

L’histoire du village est intimement liée à celle du Rhin tout proche. Il y a quelques siècles, le fleuve était formé de nombreux bras, enserrant un grand nombre d’îles ou de bancs de gravier. Sa largeur variait entre 1 et 2 kilomètres, et son cours changeait constamment, au gré des inondations.

Ces îles étaient nommés «Kopf», puisqu’elles émergeaient, comme des têtes et aussi «Schollen». On trouve encore de nos jours des lieux dits tels que Dachsenkopf, Kamillenkopf, Rappenkopf, mais aussi Altschollen, Eichelschollen, Ochsenschollen…

  • Taubensand

  • Taubensand

Les émigrés

Les premières traces humaines remontent à l’âge du fer, mais c’est surtout à partir de 1656 que des émigrés suisses s’établissent à Nonnenweier, en pays de Bade, sur la rive droite du Rhin, en face de ce qui sera Daubensand. Ils étaient calvinistes, et fuyaient leur pays à cause de leur religion.

Vers 1675 des réformés suisses s’installent aussi plus à l’ouest, à Obenheim et Boofzheim. Quelques familles catholiques s’installent sur les îles (les «Schollen») de la rive gauche du Rhin au lieu dit Düwesand, qui faisait partie du ban de Nonnenweier. Ces terres appartenaient alors au baron Jacques Samson de Rathsamhausen. Issu d’une ancienne famille noble d’Alsace, installé à Ehnwihr, son mariage en 1698 avec la fille d’un colonel badois, en fit le seigneur de Nonnenweier.

En 1701 le baron fit construire des maisons d’habitation pour les réformés suisses émigrés sur ses terres.

La première école

En 1718, le seigneur toujours aussi généreux, fit construire une école, qui servait aussi aux cultes réformés. Mais cette religion n’étant pas autorisée en Alsace, les cultes furent interdits par l’évêché. Le baron de Rathsamhausen avança alors les fonds pour la construction d’une église réformée à Nonnenweier.

Le «Neudörfel», Nonnenweier et Rhinau

Profitant des articles de la charte, la population augmenta peu à peu, et de nouvelles habitations situées à l’ouest du ban de Nonnenweier commencèrent à former un nouveau village, que l’on désigna par «Neudörfel». En 1728 on y dénombra une vingtaine de familles calvinistes, 8 familles juives, quelques luthériens.

Les hommes étaient pêcheurs, orpailleurs, bateliers, bûcherons, vanniers. Les relations avec Nonnenweier étaient fréquentes, les visites et les échanges de marchandises s’effectuaient en barques. Les habitants du «Neudörfel» se rendaient aussi à Nonnenweier pour le culte, toujours en barque, et refusaient de payer les droits de passage réclamés par le receveur de Rhinau. Ils étaient même soupçonnés de contrebande ! En 1783 enfin ils obtiennent le droit de traverser le fleuve sans payer, ce qui n’était que justice, puisque Nonnenweier et le «Neudörfel» n’étaient qu’une seule et même commune.

En 1778, une terrible inondation avait détruit toutes les récoltes. Le Rhin était toujours présent, et parfois féroce.

La charte

En 1702 le baron de Rathsamhausen rédigea une charte en 16 points, accordant à trois migrants le droit de construire, d’habiter et de devenir citoyens du lieu dit Taubensand à condition d’y défricher les terres. C’était une île, un «schollen» dans les bras du Rhin, à l’ouest de Nonnenweier, mais sur le ban de cette commune badoise. Cette autorisation est étendue à leurs descendants, et à toute personne souhaitant s’y installer.

La charte leur accordait aussi le droit d’exploiter le bois du «schollen», l’eau, les pâturages, d’y construire une église et une école. Les impôts devaient également être payés sous différentes formes, mais seulement au bout de trois ans après la construction de la maison.

Charte de Daubensand

Charte de Daubensand